La trompette de Jéricho, aussi connue sous le nom de bignone, transforme chaque façade banale en un véritable tableau vivant au cœur de l’été. Cette liane vigoureuse déploie des grappes de fleurs en forme de calices aux teintes flamboyantes qui illuminent l’espace de manière spectaculaire. Sa capacité à grimper sans aide grâce à ses petits crampons naturels en fait une alliée précieuse pour masquer un vieux mur ou décorer une pergola avec élégance. Je trouve que peu de plantes offrent une telle générosité florale tout en demandant si peu d’efforts au quotidien.
Comment choisir entre la variété de Virginie et celle de Chine ? Quelle exposition privilégier pour obtenir une floraison maximale ? Est-il possible de maîtriser son développement parfois envahissant pour protéger les fondations de votre maison ? Vous allez découvrir tous les secrets de cette plante solaire, des conseils pour une plantation réussie jusqu’aux techniques de taille les plus efficaces. Toutes les réponses à vos interrogations se trouvent dans la suite de ce guide complet sur la bignone.
À retenir
- Une exposition en plein soleil reste la condition essentielle pour admirer une cascade de fleurs généreuse entre juillet et septembre.
- La bignone possède une force de croissance impressionnante qui impose l’installation d’un support solide et une taille annuelle stricte en fin d’hiver.
- Cette plante s’adapte à de nombreux climats grâce à sa résistance au froid et sa capacité à attirer les insectes pollinisateurs ainsi que les oiseaux.
Ah, la trompette de Jéricho ! Rien que son nom évoque le soleil, la chaleur et une explosion de couleurs. Vous rêvez de végétaliser un mur un peu triste ou de créer une cascade de fleurs sur votre pergola ? Alors vous êtes au bon endroit. Je vais vous confier tous les secrets de cette grimpante spectaculaire qui, croyez-moi, transforme un jardin en un clin d’œil. Préparez-vous à tomber sous son charme, car elle a plus d’un tour dans son sac pour vous séduire !
Origines et caractéristiques de cette grimpante solaire
Pour bien comprendre comment choyer votre future protégée, commençons par faire les présentations. D’où vient cette merveille, comment se comporte-t-elle ? Vous saurez tout sur sa carte d’identité botanique. C’est la première étape indispensable pour une culture réussie. Vous allez voir, sa nature exubérante cache une histoire et des particularités fascinantes. Allons-y !
Une allure exotique pour vos murs
La trompette de Jéricho, ou bignone pour les intimes, est une plante qui ne passe jamais inaperçue. Imaginez une cascade de fleurs flamboyantes qui dévale le long d’un mur ou d’une clôture tout l’été. C’est exactement la promesse de cette magnifique plante grimpante. Ses fleurs, le plus souvent d’un orange vif, apportent une touche d’exotisme et de chaleur que peu d’autres végétaux peuvent égaler. Franchement, l’effet est immédiat.
Elle appartient à la grande et belle famille des Bignoniacées, qui regroupe de nombreuses lianes des régions chaudes. Ses célèbres fleurs en trompette, qui lui valent son nom, s’épanouissent de juillet jusqu’aux premières fraîcheurs de l’automne. C’est une véritable aubaine pour qui veut un jardin coloré durant toute la belle saison. Vous imaginez déjà le spectacle, n’est-ce pas ?
Ne vous fiez pas à son allure délicate : c’est une liane vigoureuse qui peut facilement atteindre 10 mètres de hauteur si elle se sent bien. Elle s’accroche à son support avec une détermination sans faille. En tant que plante ornementale, elle est idéale pour habiller de grandes surfaces et créer un décor végétal luxuriant. Son feuillage caduc disparaît en hiver, ce qui permet au soleil de réchauffer les murs de la maison durant la saison froide. Un avantage non négligeable !
Les différences entre trompette de Virginie et bignone de Chine
Vous entendez parler de bignone, de trompette de Virginie, de Campsis… un peu perdu ? C’est normal, mais je vais clarifier tout ça pour vous. Il existe principalement deux grandes espèces qui ont donné naissance à toutes les variétés que nous connaissons aujourd’hui. Les connaître vous aidera à faire le bon choix selon votre climat et vos envies.
La première, et la plus connue, est la trompette de Virginie. On la nomme aussi Bignone de Virginie et son nom latin est Campsis radicans. Comme son nom le suggère, elle trouve son origine des États-Unis. Sa grande qualité ? Elle est très rustique et s’agrippe seule à son support grâce à des petites racines aériennes, comme le lierre. C’est la candidate idéale si vous cherchez une plante autonome et robuste.
La seconde star est la Campsis grandiflora, ou bignone à grandes fleurs. Celle-ci nous vient d’Asie, plus précisément de Chine. Ses fleurs sont spectaculaires, plus grandes et plus ouvertes que celles de sa cousine américaine. En revanche, elle est un peu plus frileuse et ne possède pas de crampons. Il faut donc l’aider à grimper en la palissant, c’est-à-dire en l’attachant à son support. Un petit effort pour un résultat grandiose !
Pourquoi les oiseaux adorent ses fleurs
Si vous aimez observer la vie sauvage dans votre jardin, la bignone va devenir votre meilleure alliée. C’est un véritable restaurant 5 étoiles pour de nombreux pollinisateurs, et tout particulièrement pour certains oiseaux. Le spectacle de leurs ballets aériens autour des fleurs est un pur bonheur. Mais pourquoi un tel attrait ?
La forme de ses fleurs en trompette constitue une invitation parfaite pour les oiseaux au long bec fin, comme les colibris dans ses régions d’origine, et chez nous, pour de nombreux insectes butineurs. Ils peuvent y plonger pour se délecter du nectar abondant qu’elles produisent. C’est un garde-manger naturel et généreux qui assure une animation constante pendant les mois d’été.
La couleur rouge orangé intense de la plupart des variétés agit comme un panneau publicitaire lumineux. Les oiseaux et les insectes la repèrent de très loin. Pendant toute la période de floraison, qui s’étale sur plusieurs mois, la bignone est un point de rendez-vous incontournable pour la faune locale. C’est une plante qui vit et qui fait vivre le jardin.
Enfin, le fait que les fleurs se groupent en bouquets généreux facilite la tâche des butineurs. Ils n’ont pas besoin de parcourir de longues distances entre chaque « boisson ». Ils passent d’une fleur à l’autre, ce qui assure en même temps une excellente pollinisation. Ce n’est donc pas seulement une plante ornementale, c’est aussi un acteur majeur de la biodiversité de votre petit coin de paradis.
Les plus belles variétés de la trompette de Jéricho
Maintenant que les bases sont posées, il est temps de rêver un peu. Le monde des bignones est riche de variétés aux couleurs et aux caractéristiques variées. Du rouge intense au jaune solaire, en passant par des hybrides incroyables, il y en a pour tous les goûts. Partons à la découverte des plus belles pépites qui feront de votre jardin un lieu unique.
Campsis radicans : la robustesse incarnée
Si vous cherchez une plante qui ne vous donnera aucun fil à retordre, le Campsis radicans est fait pour vous. C’est la force tranquille du jardin, capable de s’adapter à de nombreuses situations. Sa vigueur et sa facilité de culture en font un choix très populaire, surtout pour les jardiniers qui débutent ou qui ont peu de temps.
Son atout numéro un est sans conteste sa grande résistance au froid. Elle peut supporter des températures qui descendent jusqu’à -15 °C, voire -20 °C une fois bien installée. C’est une excellente nouvelle pour les jardins situés dans des régions où les hivers sont rudes. Sa croissance rapide permet de couvrir un mur ou une pergola en seulement quelques saisons. On obtient un résultat spectaculaire en un temps record !
Ce qui la rend si autonome, ce sont ses fameuses racines adventives. Ce sont de petits crampons qui lui permettent de s’agripper seule aux surfaces, même rugueuses. Plus besoin de sortir l’échelle tous les quatre matins pour l’attacher. Elle gère ! Cette caractéristique héritée de son origine des États-Unis lui confère une indépendance très appréciable.
Issue de la famille des Bignoniacées, cette espèce est la mère de nombreuses variétés. La forme sauvage possède des fleurs orange-rouge de taille moyenne, mais elle a servi de base pour créer des cultivars aux couleurs encore plus éclatantes. C’est une valeur sûre, une plante sur laquelle vous pouvez compter.
Campsis grandiflora pour des fleurs XXL
Si votre critère principal est la taille et l’opulence des fleurs, alors tournez-vous sans hésiter vers le Campsis grandiflora. C’est la diva de la famille, celle qui offre le spectacle le plus saisissant. Ses fleurs peuvent facilement atteindre 8 à 10 centimètres de diamètre, une pure merveille !
Aussi appelée bignone à grandes fleurs, elle se distingue par ses corolles largement ouvertes, en forme de coupe, d’un rouge orangé spectaculaire. Elles se regroupent en panicules terminales qui ploient gracieusement sous leur propre poids. L’effet « cascade de fleurs » est encore plus prononcé avec elle. C’est, à mon avis, l’une des plus belles scènes estivales qu’un jardin puisse offrir.
Contrairement à sa cousine américaine, elle est un peu plus frileuse et appréciera un emplacement bien abrité des vents froids. Ses fleurs en trompette sont si généreuses qu’elles attirent tous les regards. Parmi les variétés de bignone disponibles, celles qui dérivent du grandiflora sont souvent les plus recherchées pour leur floribondité exceptionnelle. Son feuillage caduc, très découpé, est aussi très élégant.
Pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même, une condition est non négociable : elle doit être installée en plein soleil. La chaleur est le carburant de sa floraison. Plus elle recevra de soleil, plus sa floraison sera abondante et magnifique. Réservez-lui donc le mur le plus chaud et le plus lumineux de votre jardin, elle vous le rendra au centuple.
Hybrides et couleurs : du jaune Flava au rouge Stromboli
Et si on ne veut pas choisir entre la rusticité de l’une et les grosses fleurs de l’autre ? Les horticulteurs ont eu la bonne idée de croiser les deux espèces ! Ces hybrides, appelés Campsis x tagliabuana, combinent souvent le meilleur des deux mondes. C’est le cas de la célébrissime variété ‘Madame Galen’.
Cette variété ‘Madame Galen’ est probablement la plus plantée dans nos jardins, et pour cause. Elle hérite de la rusticité du radicans et des grandes fleurs du grandiflora. Ses fleurs, d’un magnifique orange saumoné, sont produites en abondance tout l’été. C’est un choix sans risque qui garantit le succès. Une autre vedette est la variété ‘Indian Summer’, qui offre des fleurs d’un orange plus soutenu avec une gorge tirant sur le jaune.
Pour ceux qui aiment les couleurs qui flashent, la variété ‘Stromboli’ est un must. Elle arbore une couleur rouge orangé presque écarlate, d’une intensité rare. À l’inverse, si vous préférez la douceur et la lumière, la variété ‘Flava’ issue du Campsis radicans vous comblera avec ses fleurs d’un jaune d’or lumineux. Le choix de variétés de bignone est aujourd’hui assez vaste pour satisfaire toutes les envies de palettes.
La période de floraison de ces hybrides est généralement très longue, souvent de juillet à septembre, voire octobre si l’automne est doux. Quelle que soit la couleur que vous choisirez, vous obtiendrez une plante ornementale de premier ordre. Le plus difficile, finalement, c’est de choisir !
Réussir la plantation pour une croissance vigoureuse
Vous avez trouvé la variété de vos rêves ? Parfait ! Passons maintenant à la pratique. Une plantation réussie est la clé pour voir votre bignone s’épanouir et vous offrir des cascades de fleurs pendant des années. Ne négligez pas cette étape, c’est un investissement pour l’avenir. Voici mes astuces pour mettre toutes les chances de votre côté.
Choisir une exposition baignée de chaleur
C’est le conseil numéro un, le plus important de tous. La bignone est une amoureuse du soleil. Pour une floraison abondante et une croissance saine, elle a besoin d’un maximum de chaleur et de lumière. L’emplacement idéal ? Une exposition au sud ou à l’ouest, contre un mur qui emmagasine la chaleur durant la journée et la restitue la nuit.
Offrez-lui le plein soleil. Si vous la placez à mi-ombre, elle risque de produire beaucoup de feuilles mais très peu de fleurs. Ce serait dommage, non ? La chaleur stimule la formation des boutons floraux. C’est pourquoi elle se plaît tant dans les régions méridionales, même si elle pousse très bien partout en France avec le bon emplacement.
Cette exigence de chaleur est directement liée à sa croissance rapide. Avec du soleil et de la chaleur, elle se développe à une vitesse surprenante. La période de plantation idéale se situe au printemps, après les dernières grosses gelées, souvent vers le mois de mars ou avril. Cela lui laisse toute la belle saison pour bien s’installer avant son premier hiver.
Souvenez-vous que c’est une liane vigoureuse. Prévoyez donc suffisamment d’espace pour son développement futur. Ne la plantez pas trop près d’une fenêtre ou d’une gouttière qu’elle pourrait envahir rapidement. Anticiper sa taille adulte vous évitera bien des tracas par la suite.
La préparation du sol et le drainage
La bignone n’est pas très difficile sur la nature du sol, mais elle a une exigence : il doit être parfaitement drainé. Elle déteste avoir les pieds dans l’eau, surtout en hiver. Un sol lourd et argileux qui retient l’humidité pourrait faire pourrir ses racines. La clé est donc un sol bien drainé.
Lors de la plantation, creusez un trou généreux, au moins deux fois plus grand que la motte. Au fond du trou, je vous conseille vivement de déposer une bonne couche de graviers, de billes d’argile ou de tessons de poterie. Cette couche de drainage est essentielle. Mélangez ensuite la terre de jardin avec du terreau de bonne qualité et un apport de compost bien mûr. Ce mélange riche et léger favorisera un bon départ.
Ce travail sur le sol permettra au système racinaire de s’établir rapidement et en profondeur. Une plante bien enracinée est une plante plus forte, plus résistante à la sécheresse et au gel. La période de plantation, comme nous l’avons dit, se situe au printemps, autour du mois de mars, ce qui coïncide avec le réveil de la nature et le début du cycle de croissance.
Cette attention portée au sol est valable pour toute la famille des Bignoniacées. Elles sont gourmandes et ont besoin d’un substrat fertile pour soutenir leur floraison spectaculaire. Un sol bien préparé est la promesse d’une plante saine et florifère pour les décennies à venir.
Comment installer un support solide
C’est un point absolument crucial, surtout si vous ne choisissez pas une variété qui s’accroche seule. Une bignone adulte, couverte de feuilles et de fleurs gorgées d’eau après une pluie d’été, pèse très lourd. Un support fragile cédera à coup sûr. Il est donc impératif d’installer un support de culture robuste dès la plantation.
Pour les variétés comme Campsis grandiflora qui ne possèdent pas de crampons d’accroche, vous avez plusieurs options. Des fils de fer solides tendus horizontalement tous les 50 cm le long du mur sont une excellente solution. Vous pouvez aussi opter pour un treillage métallique ou en bois très costaud, solidement fixé au mur. Évitez les petits treillages en plastique qui ne tiendront pas la distance.
Pour les variétés comme Campsis radicans, qui développent des racines adventives, la question est différente. En théorie, elles n’ont pas besoin de vous. Mais attention ! Leurs crampons peuvent endommager les crépis fragiles ou la peinture. Sur un mur en pierre ou en brique, c’est parfait. Sur un crépi neuf, il est peut-être plus prudent de la guider sur un support pour protéger votre façade.
Rappelez-vous que cette plante grimpante va chercher le soleil. Guidez ses premières pousses vers le support pour qu’elle comprenne le chemin à suivre. Une fois qu’elle a commencé son ascension en plein soleil, elle ne s’arrêtera plus ! Le choix du support conditionne vraiment l’esthétique future de votre installation.
Astuces pour une culture réussie en pot
Vous n’avez pas de jardin mais un balcon ou une terrasse ? Bonne nouvelle, la culture de la bignone en pot est tout à fait possible ! Il faut juste respecter quelques règles pour qu’elle ne se sente pas à l’étroit. Le secret ? Un grand contenant et une attention accrue.
Choisissez un pot ou un bac d’au moins 50 centimètres de profondeur et de diamètre. Plus le pot sera grand, plus votre bignone sera à l’aise. Le fond du pot doit impérativement être percé et vous y disposerez une épaisse couche de billes d’argile pour assurer un sol bien drainé. C’est encore plus important en pot qu’en pleine terre.
Pour le substrat, optez pour un mélange de bon terreau pour plantes fleuries, de terre de jardin et d’un apport de compost. En pot, les nutriments s’épuisent vite. Il faudra donc penser à fertiliser régulièrement pendant la période de croissance, d’avril à août, avec un engrais pour plantes fleuries. L’arrosage devra aussi être plus régulier qu’en pleine terre, surtout en été.
L’emplacement reste le même : une exposition au sud est idéale, en tout cas le plein soleil est indispensable. Pour une culture en pot, je vous recommande de vous orienter vers des variétés un peu moins vigoureuses. Le Campsis grandiflora ou certaines variétés de bignone plus compactes s’adapteront mieux à ce mode de culture que le très exubérant Campsis radicans sauvage.
Apprivoiser et entretenir votre trompette de Jéricho
La plantation est faite, votre bignone commence à grimper. Félicitations ! Maintenant, il s’agit de l’accompagner pour qu’elle reste belle, florifère et qu’elle ne devienne pas trop envahissante. Un peu d’entretien chaque année suffit à la maintenir en pleine forme. Voici la feuille de route pour un entretien sans stress.
Arrosage : trouver le juste équilibre
La première année qui suit la plantation, un arrosage régulier est nécessaire pour aider la plante à bien s’enraciner. Arrosez une à deux fois par semaine, surtout s’il ne pleut pas. Le but est de garder le sol frais, mais pas détrempé. Le fameux sol bien drainé que vous avez préparé fera ici des merveilles.
Une fois bien installée, la bignone est une plante qui supporte assez bien la sécheresse. Ses racines profondes vont chercher l’eau loin dans le sol. Un arrosage copieux de temps en temps pendant les périodes de forte chaleur, notamment au mois d’août, sera suffisant pour soutenir sa floraison. Fiez-vous à l’aspect de son feuillage : s’il commence à pendre, c’est qu’il a soif.
Un bon entretien de la bignone passe par un arrosage judicieux. Trop d’eau favorise le développement de maladies, même si la plante est globalement très résistante. Un paillage au pied de la plante (avec des tontes de gazon séchées, du BRF…) est une excellente astuce. Il garde la fraîcheur du sol, limite l’évaporation et empêche les mauvaises herbes de pousser.
Un des grands avantages de la bignone est sa remarquable absence de maladies. Elle n’est que très rarement attaquée par les parasites. Si vous respectez ses besoins en soleil et en drainage, vous n’aurez quasiment jamais à la traiter. Sa croissance rapide témoigne généralement de sa bonne santé.
La taille annuelle pour stimuler la floraison
C’est l’opération d’entretien la plus importante. Ne la négligez pas ! Une bignone non taillée devient un enchevêtrement de branches inextricable, qui fleurit moins et seulement à son sommet. La taille de la bignone est donc indispensable pour la garder belle et généreuse.
Quand tailler ? À la toute fin de l’hiver ou au début du printemps, vers le mois de mars, juste avant le redémarrage de la végétation. Surtout, ne taillez pas à l’automne ! La règle d’or est simple : la bignone fleurit sur les pousses de l’année. Il faut donc tailler le bois de l’année précédente pour provoquer l’apparition de nouvelles branches qui porteront les futures fleurs.
Comment tailler ? Conservez les branches charpentières principales qui forment la structure de votre plante. Raccourcissez ensuite toutes les branches secondaires qui sont parties de ces charpentières l’an passé. Laissez seulement deux ou trois bourgeons (yeux) sur chaque branche secondaire. De ces bourgeons naîtront les nouvelles pousses florifères. C’est vraiment la clé pour un bon entretien de la bignone.
Cette taille sévère peut impressionner, mais elle est salutaire. Elle permet de contenir le développement de la plante, de rajeunir sa structure et surtout de maximiser la période de floraison. Ne taillez jamais au mois d’août en pleine floraison, vous vous priveriez du spectacle. La taille, c’est vraiment le secret pour une floraison explosive chaque été.
Gérer les racines traçantes et envahissantes
La bignone a une vigueur légendaire, ce qui est un atout. Mais cette vigueur peut parfois devenir un inconvénient si on ne la contrôle pas. Son système racinaire est puissant et peut produire ce qu’on appelle des drageons. Ce sont des nouvelles pousses qui sortent de terre, parfois à plusieurs mètres de la plante mère.
Le Campsis radicans est particulièrement connu pour cette émission de drageons. Pour éviter d’être envahi, vous pouvez installer une barrière anti-rhizome au moment de la plantation. C’est une bâche en plastique rigide que l’on enterre verticalement tout autour de la zone de plantation. C’est une solution très efficace pour contenir son ardeur.
Si vous n’avez pas mis de barrière, pas de panique. Un bon entretien de la bignone implique de surveiller l’apparition de ces drageons et de les arracher ou de les tondre dès qu’ils apparaissent. Cela demande une vigilance régulière pendant la belle saison. La taille de la bignone, en limitant sa partie aérienne, peut aussi contribuer à calmer un peu son système racinaire.
Il ne faut pas confondre les racines traçantes avec les racines adventives. Ces dernières sont les fameux crampons d’accroche qui se développent sur les tiges pour lui permettre de grimper. Elles sont aériennes et ne posent pas de problème d’envahissement au sol. Gérer les drageons est juste une petite contrepartie à la générosité de cette plante.
Protection hivernale contre les gelées fortes
La plupart des bignones sont rustiques, mais un coup de pouce peut être nécessaire dans certaines situations. La résistance au froid dépend de la variété, de l’âge de la plante et de votre région. Une jeune plante, fraîchement installée, sera toujours plus sensible qu’un sujet adulte bien établi.
Pour les jeunes plants, ou pour les variétés réputées plus frileuses comme certains Campsis grandiflora, une protection contre le gel est recommandée les premiers hivers. La meilleure protection est un bon paillage épais au pied de la plante. Une couche de 15 à 20 cm de feuilles mortes, de paille ou de fougères protégera la souche du gel.
Le feuillage caduc de la plante est une adaptation naturelle à l’hiver. La plante se met en repos complet. La rustique Bignone de Virginie, par exemple, n’a généralement besoin d’aucune protection une fois adulte, même dans le nord de la France. L’important est de protéger le point de greffe (si la plante est greffée) et la base des tiges principales.
Une bonne plantation dans un sol drainé est déjà la meilleure des protections. Un sol gorgé d’eau qui gèle est bien plus dangereux pour les racines qu’un froid sec. Grâce à sa grande absence de maladies, la plante entre dans l’hiver en pleine forme, ce qui l’aide à mieux supporter les conditions difficiles.
Multiplier la plante pour multiplier le plaisir
Votre bignone est si belle que tous vos amis en veulent une ? Ou peut-être souhaitez-vous simplement en installer une autre ailleurs dans votre jardin ? La bonne nouvelle, c’est qu’elle se multiplie assez facilement. C’est l’occasion de vous essayer à des techniques de jardinage gratifiantes. Voici trois méthodes, de la plus simple à la plus patiente.
Le bouturage : une méthode simple et efficace
Le bouturage est sans doute la méthode la plus rapide et la plus courante pour obtenir de nouvelles bignones. Le meilleur moment pour le faire est en été, autour du mois d’août. On réalise alors ce qu’on appelle une bouture semi-ligneuse, c’est-à-dire une bouture dont la base est dure (du bois de l’année) et l’extrémité encore tendre.
Prélevez des tronçons de tiges saines d’environ 15 centimètres, idéalement sur des pousses de l’année qui n’ont pas fleuri. Coupez juste en dessous d’un nœud (le point de départ des feuilles). Retirez les feuilles du bas pour ne conserver que deux ou trois feuilles en haut de la bouture. Vous pouvez couper ces feuilles de moitié pour limiter l’évaporation.
Plantez ensuite vos boutures dans un pot rempli d’un mélange léger de terreau et de sable. Arrosez et placez le pot à l’étouffée, c’est-à-dire sous une cloche ou un sac en plastique transparent, dans un endroit lumineux mais sans soleil direct. La reprise est généralement assez rapide. C’est particulièrement efficace avec le Campsis radicans. Un peu d’apport de compost dans le terreau final favorisera la croissance de votre nouvelle plante grimpante.
Le marcottage pour les jardiniers patients
Le marcottage est une technique d’une simplicité enfantine, qui ne demande quasiment aucun matériel. La méthode de marcottage consiste à provoquer l’enracinement d’une tige alors qu’elle est encore attachée à la plante mère. C’est presque infaillible !
Choisissez une longue tige basse et souple. Courbez-la délicatement jusqu’à ce qu’elle touche le sol. À l’endroit du contact, enterrez une portion de la tige sur une dizaine de centimètres, après avoir légèrement gratté l’écorce à cet endroit pour stimuler l’émission de racines. Maintenez la tige en place avec un crochet ou une pierre. Laissez l’extrémité de la tige ressortir de terre.
Au bout de plusieurs mois, voire une année complète, un nouveau système racinaire se sera développé sur la partie enterrée. Vous pourrez alors sevrer la marcotte, c’est-à-dire la couper de la plante mère, et la transplanter où vous le souhaitez. Cette technique est parfaite pour une liane vigoureuse comme la trompette de Virginie.
Parfois, la bignone fait même du marcottage naturel toute seule, ou produit cette fameuse émission de drageons. Il suffit alors de prélever délicatement ces nouvelles pousses avec leurs racines pour obtenir de nouveaux plants sans aucun effort !
Récolter et semer les graines
C’est la méthode la plus longue, mais elle est fascinante. Après la floraison, la bignone produit de longues gousses qui ressemblent à des haricots géants. À l’intérieur se trouvent de nombreuses graines plates et ailées. Vous pouvez les récolter à l’automne lorsque les gousses sont bien sèches et commencent à s’ouvrir.
Le semis se fait au printemps, sous abri-chaud. Les graines ont besoin d’une période de froid pour germer. Vous pouvez les stratifier, c’est-à-dire les mélanger à du sable humide et les placer au réfrigérateur pendant un ou deux mois avant de les semer. Semez ensuite dans un bon terreau, recouvrez légèrement et maintenez humide.
Les nouvelles pousses de l’année apparaîtront après quelques semaines. Il faudra cependant vous armer de patience : une bignone issue de semis peut mettre de nombreuses années avant de fleurir pour la première fois. De plus, elle ne sera pas forcément identique à la plante mère, surtout s’il s’agit d’un hybride. La résistance au froid peut aussi être variable.
C’est une expérience intéressante, qui rappelle l’origine des États-Unis de la Bignone de Virginie ou la diversité de la bignone à grandes fleurs. Obtenir une plante avec une couleur rouge orangé unique issue de vos propres semis est une grande fierté pour un jardinier !
Histoires et anecdotes autour de la bignone
Au-delà de sa beauté, la trompette de Jéricho porte en elle des histoires et des symboles. Son nom n’est pas anodin et son utilisation au jardin peut se réinventer à l’infini. Pour finir, plongeons dans le côté plus culturel et créatif de cette plante si attachante. Vous ne la regarderez plus de la même façon.
La légende biblique derrière son nom
Pourquoi ce nom, « trompette de Jéricho » ? Il s’agit bien sûr d’une référence à l’épisode biblique de la prise de la ville de Jéricho. Selon le récit, les murailles de la cité se seraient effondrées au son des trompettes de l’armée de Josué. Quel est le rapport avec notre plante ?
L’analogie est double. D’abord, la forme de ses fleurs, bien sûr, qui évoque l’instrument de musique. Mais c’est surtout sa force qui a inspiré ce nom. La vigueur avec laquelle la bignone s’agrippe aux murs et les couvre, au point parfois de les abîmer si le support est fragile, a été comparée à la puissance des trompettes bibliques capables de faire tomber les remparts. C’est une image forte qui illustre parfaitement le caractère de la plante.
Ce nom est principalement associé à la trompette de Virginie, la fameuse Bignone de Virginie, la plus puissante et la plus « conquérante » du genre. Mais par extension, il désigne aujourd’hui toutes les bignones. Des variétés plus « douces » comme ‘Madame Galen’ ou ‘Indian Summer’ portent aussi cet héritage symbolique. Leurs fleurs en trompette, même si elles sont pacifiques, rappellent cette histoire millénaire à chaque floraison.
Usages décoratifs originaux au jardin
Couvrir un mur, c’est l’usage classique. Mais la bignone offre bien d’autres possibilités créatives ! Sa nature de liane permet toutes les fantaisies, à condition de la guider avec une taille de la bignone adaptée et un bon support. Laissez parler votre imagination !
Pourquoi ne pas créer une arche fleurie spectaculaire à l’entrée de votre potager ou de votre jardin ? En guidant deux pieds de bignone sur une structure métallique solide, vous obtiendrez un passage enchanteur en quelques années. Choisissez une exposition au sud ou à l’ouest pour que l’arche soit couverte de fleurs.
Pensez aussi à l’utiliser pour habiller une structure disgracieuse : un vieux cabanon, une citerne, un mur de garage en parpaings bruts… Elle transforme le laid en sublime ! C’est aussi une plante parfaite pour créer de l’ombre sur une pergola. Son feuillage dense vous protégera du soleil en été, et sa chute en hiver laissera passer la lumière. La méthode de marcottage peut même vous aider à densifier la base de la plante pour un effet plus couvrant.
Le bon support de culture est la clé de ces projets. Que ce soit des câbles, des poteaux reliés par des chaînes ou des structures en bois, tout est possible. En plein soleil, la bignone grimpera avec enthousiasme sur tout ce que vous lui proposerez. Et n’oubliez pas une petite protection contre le gel à la base les premiers temps pour assurer le succès de votre œuvre d’art végétale.
FAQ
Que sont les trompettes de Jéricho dans la Bible ?
Selon le récit biblique, ces instruments sacrés provoquent la chute des murailles de la ville après sept jours de marche. Les prêtres sonnent le chofar pour marquer la victoire par la volonté divine sans aucun combat physique. Il s’agit d’un symbole fort de foi et de puissance spirituelle.
C’est quoi la plante appelée trompette de Jéricho ?
Cette jolie grimpante porte aussi le nom de bignone et décore vos jardins avec de superbes fleurs orangées. Elle fleurit généralement de juillet à octobre pour le plus grand plaisir des yeux. C’est une plante vigoureuse qui apporte beaucoup de gaieté sur un mur ou une clôture.
Quels sont les inconvénients de la bignone au jardin ?
Malgré sa beauté, cette plante possède des racines puissantes capables de soulever des tuiles si vous la laissez trop s’étendre. Ses ventouses s’accrochent fermement aux supports et peuvent laisser des traces tenaces sur vos façades. Je vous conseille donc une taille régulière pour limiter son ardeur.
Pourquoi utilise-t-on l’expression trompettes de Jéricho aujourd’hui ?
Cette image illustre souvent un bruit fracassant ou un événement qui renverse tout sur son passage. On évoque parfois ce terme pour désigner un vacarme capable de détruire les obstacles les plus solides. Connaissez-vous une autre expression aussi sonore pour décrire un tel tumulte ?
Existe-t-il un lien entre cette fleur et les tortues ?
Certains propriétaires de reptiles proposent les fleurs de bignone comme complément alimentaire pour leurs protégés. Les tortues terrestres apprécient beaucoup ces pétales colorés qui diversifient leur menu quotidien avec succès. Vérifiez bien l’absence de pesticides sur les cloches avant de leur offrir ce petit festin.
